La gestion marchande, arme de destruction massive de l'Université

Contribution à la critique de l'introduction au sein des universités et des grandes écoles de la logique de gestion issue du marché

Publikation: Bidrag til tidsskriftTidsskriftartikelForskningpeer review

Resumé

Tout comme les sociétés chrétiennes au temps de l’émergence de l’économie politique, les sociétés d’aujourd’hui sont confrontées à l’inadéquation de leur mode d’organisation et de représentation face aux conséquences mêmes de leurs choix antérieurs. On a vu s’opérer une dissociation de l’économie et de la politique qui a fini par priver de tout sens les institutions dont la fonction était de transformer les ressources en règles d’organisation sociale en accord avec les principes mêmes de l’économie politique. Aujourd’hui ce sont les institutions d’enseignement et de recherche qui sont priées de se plier aux exigences du marketing et du management. Cependant, c’est la finalité même des universités qui est remise en question par l’introduction de la logique de gestion issue du marché. Comment peut-on espérer que l’Université puisse contribuer à une compréhension de la crise quand tout est fait pour l’enfermer dans la même logique que celle qui produit la crise ? En se soumettant à la logique mercantile, l’enseignement supérieur fait fausse route, et c’est au dépens de la société toute entière
OriginalsprogFransk
TidsskriftRevue du MAUSS permanente
Antal sider20
StatusUdgivet - 16. jul. 2014

Citer dette

@article{7bfe3cee4f0a4ff2bea0c7e825d51650,
title = "La gestion marchande, arme de destruction massive de l'Universit{\'e}: Contribution {\`a} la critique de l'introduction au sein des universit{\'e}s et des grandes {\'e}coles de la logique de gestion issue du march{\'e}",
abstract = "Tout comme les soci{\'e}t{\'e}s chr{\'e}tiennes au temps de l’{\'e}mergence de l’{\'e}conomie politique, les soci{\'e}t{\'e}s d’aujourd’hui sont confront{\'e}es {\`a} l’inad{\'e}quation de leur mode d’organisation et de repr{\'e}sentation face aux cons{\'e}quences m{\^e}mes de leurs choix ant{\'e}rieurs. On a vu s’op{\'e}rer une dissociation de l’{\'e}conomie et de la politique qui a fini par priver de tout sens les institutions dont la fonction {\'e}tait de transformer les ressources en r{\`e}gles d’organisation sociale en accord avec les principes m{\^e}mes de l’{\'e}conomie politique. Aujourd’hui ce sont les institutions d’enseignement et de recherche qui sont pri{\'e}es de se plier aux exigences du marketing et du management. Cependant, c’est la finalit{\'e} m{\^e}me des universit{\'e}s qui est remise en question par l’introduction de la logique de gestion issue du march{\'e}. Comment peut-on esp{\'e}rer que l’Universit{\'e} puisse contribuer {\`a} une compr{\'e}hension de la crise quand tout est fait pour l’enfermer dans la m{\^e}me logique que celle qui produit la crise ? En se soumettant {\`a} la logique mercantile, l’enseignement sup{\'e}rieur fait fausse route, et c’est au d{\'e}pens de la soci{\'e}t{\'e} toute enti{\`e}re",
keywords = "Crisis, Globalization, university management, political economy, social creativity, modernity, pedagogy, teaching institutions, individualism",
author = "Dominique Bouchet",
year = "2014",
month = "7",
day = "16",
language = "Fransk",
journal = "Revue du MAUSS permanente",
publisher = "La D{\'e}couverte",

}

TY - JOUR

T1 - La gestion marchande, arme de destruction massive de l'Université

T2 - Contribution à la critique de l'introduction au sein des universités et des grandes écoles de la logique de gestion issue du marché

AU - Bouchet, Dominique

PY - 2014/7/16

Y1 - 2014/7/16

N2 - Tout comme les sociétés chrétiennes au temps de l’émergence de l’économie politique, les sociétés d’aujourd’hui sont confrontées à l’inadéquation de leur mode d’organisation et de représentation face aux conséquences mêmes de leurs choix antérieurs. On a vu s’opérer une dissociation de l’économie et de la politique qui a fini par priver de tout sens les institutions dont la fonction était de transformer les ressources en règles d’organisation sociale en accord avec les principes mêmes de l’économie politique. Aujourd’hui ce sont les institutions d’enseignement et de recherche qui sont priées de se plier aux exigences du marketing et du management. Cependant, c’est la finalité même des universités qui est remise en question par l’introduction de la logique de gestion issue du marché. Comment peut-on espérer que l’Université puisse contribuer à une compréhension de la crise quand tout est fait pour l’enfermer dans la même logique que celle qui produit la crise ? En se soumettant à la logique mercantile, l’enseignement supérieur fait fausse route, et c’est au dépens de la société toute entière

AB - Tout comme les sociétés chrétiennes au temps de l’émergence de l’économie politique, les sociétés d’aujourd’hui sont confrontées à l’inadéquation de leur mode d’organisation et de représentation face aux conséquences mêmes de leurs choix antérieurs. On a vu s’opérer une dissociation de l’économie et de la politique qui a fini par priver de tout sens les institutions dont la fonction était de transformer les ressources en règles d’organisation sociale en accord avec les principes mêmes de l’économie politique. Aujourd’hui ce sont les institutions d’enseignement et de recherche qui sont priées de se plier aux exigences du marketing et du management. Cependant, c’est la finalité même des universités qui est remise en question par l’introduction de la logique de gestion issue du marché. Comment peut-on espérer que l’Université puisse contribuer à une compréhension de la crise quand tout est fait pour l’enfermer dans la même logique que celle qui produit la crise ? En se soumettant à la logique mercantile, l’enseignement supérieur fait fausse route, et c’est au dépens de la société toute entière

KW - Crisis

KW - Globalization

KW - university management

KW - political economy

KW - social creativity

KW - modernity

KW - pedagogy

KW - teaching institutions

KW - individualism

M3 - Tidsskriftartikel

JO - Revue du MAUSS permanente

JF - Revue du MAUSS permanente

ER -